Histoire et société > Textes fondamentaux
les principales guerres et interventions militaires des USA depuis 1945
quand les politiciens français en sont à ne pas oser dire l'hypocrisie de leur propre comportements qui consiste à jouer les vertueux face à la Russie et oser baptiser d'autoritaires tous les régimes qui résistent à cette saloperie ils ne sont plus qualifié pour juger quoique ce soit "de moral" y compris le fascisme qu'ils portent en leur sein irrem&édiablement.
Publié par Danielle Bleitrach
le
Source : www.counterpunch.org
Depuis sa création au dernier quart du XVIIIe siècle , les États-Unis ont, à de nombreuses reprises, utilisé leurs forces armées pour étendre leur influence, leur territoire, leur puissance et leur contrôle sur les ressources naturelles d'autres nations. Comme je l'ai décrit dans l'article « L'hémisphère occidental : une histoire des États-Unis écrite par la guerre » [ 1 ], ces interventions ont débuté dans leur voisinage immédiat et, au fil du temps, leurs opérations militaires, officielles ou clandestines, se sont étendues à tous les continents. Un rapport officiel du Service de recherche du Congrès américain ( Congressional Research Service ), intitulé « Instances of Use of United States Armed Forces Abroad » (Exemples d'utilisation des forces armées des États-Unis à l'étranger), recense plusieurs centaines d'interventions armées entre 1798 et 2023, dont un nombre important a eu lieu après 1945 [ 2 ] ( Congression.gov ).
Ces interventions constituent la forme la plus visible de l'exercice de leur puissance mondiale. Cependant, elles ne représentent qu'une partie d'un appareil beaucoup plus vaste qui comprend également les coups d'État, les opérations secrètes, les alliances militaires, les guerres par procuration et le réseau mondial de bases militaires.
Cette section examine les principaux conflits dans lesquels les forces armées américaines ont été directement impliquées dans des opérations de combat depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les chiffres relatifs aux pertes humaines sont des estimations : ils varient selon les sources, notamment en ce qui concerne les pertes civiles et les pertes ennemies. Lorsque les données sont incertaines, des fourchettes sont indiquées.
La tendance générale est marquée par un changement profond : après les guerres terrestres à grande échelle de la Guerre froide (Corée et Vietnam), Washington a progressivement privilégié les interventions combinant supériorité aérienne, technologies de précision, forces spéciales et coopération avec les alliés locaux.
1. La guerre de Corée (1950-1953) : le premier conflit majeur de la guerre froide
La guerre de Corée fut le premier conflit majeur où les États-Unis déployèrent massivement leurs forces armées après 1945. Sous mandat des Nations Unies – en raison de l'absence temporaire de l'Union soviétique au Conseil de sécurité – les États-Unis prirent la tête d'une coalition internationale. Au total, environ 1,8 million de militaires américains participèrent au conflit entre 1950 et 1953. Le nombre maximal de soldats américains déployés simultanément atteignit environ 325 000 à 350 000 en 1952. L'intervention reposa sur une importante mobilisation terrestre, ainsi que sur une supériorité aérienne et navale écrasante. Les États-Unis subirent de lourdes pertes : environ 36 500 militaires américains furent tués et plus de 100 000 blessés. Du côté nord-coréen, les estimations situent le nombre de morts entre 200 000 et 400 000, et celui des morts chinois entre 400 000 et 600 000. La guerre a déploré plusieurs centaines de milliers de morts parmi les forces sud-coréennes. Les pertes civiles ont été particulièrement lourdes. On estime à 2 à 3 millions le nombre de Coréens morts, victimes des combats, des bombardements, des massacres et des déplacements forcés. Le conflit s'est achevé avec l'armistice de Panmunjom en juillet 1953, sans traité de paix définitif. La péninsule est restée divisée le long du 38e parallèle . L'une des conséquences majeures a été l'établissement d'une présence militaire américaine durable en Corée du Sud, qui se poursuit encore au XXIe siècle .
2. Invasion et occupation de la République dominicaine (1965-1966)
En avril 1965, les États-Unis envahirent Saint-Domingue pour réprimer une révolution constitutionnaliste visant à rétablir au pouvoir Juan Bosch, président de gauche démocratiquement élu et renversé en 1963. Quelque 22 000 soldats américains furent déployés (plus de 40 000 transitèrent par l'île durant l'opération). Les pertes américaines s'élevèrent à quelques dizaines de morts. Du côté dominicain, les estimations généralement admises font état de 2 000 à 4 000 morts, civils et combattants confondus.
3. La guerre du Vietnam (1965-1975) : l’apogée et la crise subséquente du modèle d’intervention américain
La guerre du Vietnam a représenté le plus important engagement militaire américain de la Guerre froide avant l'Irak et l'Afghanistan. Après une implication croissante dans les années 1950 et au début des années 1960, sous la présidence de John F. Kennedy, cet engagement s'est considérablement accéléré. Le nombre de conseillers a atteint plusieurs milliers, pour s'élever à environ 16 000 militaires américains en novembre 1963, selon l'histoire officielle du département de la Défense. Dès 1962, près de 300 avions appartenant à des unités militaires américaines ont été déployés au Vietnam pour soutenir les forces sud-vietnamiennes. Washington est intervenu massivement à partir de 1965, officiellement pour empêcher la victoire du gouvernement communiste du Nord-Vietnam et du Front national de libération du Sud. Au total, environ 2,7 millions de militaires américains ont servi au Vietnam entre 1964 et 1973. Le déploiement maximal a été atteint en 1969, avec environ 543 000 soldats américains présents simultanément. Les pertes américaines furent lourdes : environ 58 200 militaires américains tués et plus de 150 000 blessés. Les pertes vietnamiennes furent bien plus importantes. Les estimations varient considérablement : environ un million de soldats nord-vietnamiens et de combattants du Front national de libération furent tués, selon plusieurs sources ; plusieurs centaines de milliers de soldats sud-vietnamiens périrent. On estime le nombre de victimes civiles entre deux et trois millions au Vietnam, auxquels il faut ajouter les victimes du Laos et du Cambodge, soumis à une intense campagne de bombardements américains (au Cambodge à partir de 1969). Le Laos devint le pays le plus bombardé de l’histoire proportionnellement à sa population, jusqu’à ce que Gaza dépasse ce triste record après la guerre génocidaire menée par Israël contre le peuple palestinien.
L’
intervention américaine au Vietnam donna naissance à l’un des mouvements pacifistes les plus puissants de l’histoire contemporaine. À partir du milieu des années 1960, des millions d'Américains – étudiants, syndicalistes, militants des droits civiques, intellectuels, artistes, anciens combattants et même soldats en service – manifestèrent contre une guerre de plus en plus perçue comme illégitime et criminelle. Les manifestations massives à Washington en 1967 et 1969, les grèves étudiantes qui paralysèrent des centaines d'universités après la mort de quatre étudiants tués par la Garde nationale lors de la répression d'une manifestation à l'université du Kent en 1970, ainsi que les refus de combattre, les désertions et les dissensions au sein de l'armée, sapèrent profondément l'autorité américaine.
Cette mobilisation a eu un large écho à l'échelle internationale. Des manifestations de masse ont eu lieu en Europe, au Japon, en Australie, au Canada, en Amérique latine et ailleurs, aggravant l'isolement diplomatique de Washington.
La résistance héroïque du peuple vietnamien a été le principal facteur de la défaite des États-Unis. Mais cette résistance a été renforcée par un mouvement pacifiste d'une ampleur sans précédent qui, aux États-Unis même, a rendu la poursuite du conflit politiquement intenable. Pour la première fois, la première puissance militaire mondiale a été contrainte d'abandonner une guerre sous la double pression d'un peuple refusant de se soumettre et d'une opposition populaire massive, tant au niveau national qu'international.
Les accords de Paris de 1973 ont entraîné le retrait américain. En 1975, la chute de Saïgon a marqué la défaite stratégique des États-Unis et la réunification du Vietnam sous l'autorité communiste. Le Vietnam a constitué un tournant majeur : Washington conservait des capacités militaires considérables, mais se montrait beaucoup plus réticent à engager d'importantes forces terrestres dans des conflits prolongés.
4. Liban (1982-1984) : une intervention limitée dans une guerre civile complexe
L'intervention américaine au Liban s'est déroulée dans le contexte de la guerre civile libanaise et de l'invasion israélienne de 1982. Des Marines américains ont été déployés à Beyrouth au sein d'une force multinationale. Entre 12 000 et 15 000 militaires américains ont participé à l'opération à différentes périodes. Le contingent principal de Marines comptait plusieurs milliers d'hommes. Le 23 octobre 1983, une attaque contre la caserne des Marines à Beyrouth a coûté la vie à 241 militaires américains, soit les pertes les plus lourdes subies par les États-Unis lors d'une opération depuis la guerre du Vietnam. Il est difficile d'établir avec précision le nombre de victimes libanaises et régionales, compte tenu du contexte de la guerre civile fragmentée, mais plusieurs centaines de milliers de personnes ont péri durant ce conflit (1975-1990). Après l'attaque, Washington a retiré ses forces en 1984.
5. Invasion de la Grenade (Opération Urgent Fury) en 1983.
Quelque 7 000 soldats américains débarquèrent pour renverser un gouvernement de gauche fortement affaibli, après qu’une de ses factions eut destitué et exécuté Maurice Bishop et d’autres dirigeants du Mouvement New Jewel . Le gouvernement grenadien ne disposait que d’un millier d’hommes environ.
6. Panama (1989) : une intervention visant à un changement de régime
L'opération Just Cause , lancée en décembre 1989, visait officiellement à renverser le général Manuel Noriega, accusé notamment de trafic de drogue et devenu hostile aux intérêts américains à un moment où le canal était considéré comme stratégique. Noriega était pourtant un allié de Washington depuis près de vingt ans et un collaborateur clé des services de renseignement américains : il fournissait des informations à la CIA et à la DEA et était rémunéré par la CIA, notamment en 1976-1977, alors que George H.W. Bush dirigeait l'agence. Environ 27 000 militaires américains participèrent à l'opération, qui mobilisa des forces terrestres, aériennes et spéciales. Les pertes américaines furent relativement limitées : 23 militaires tués et plusieurs centaines blessés. Les pertes panaméennes sont plus difficiles à évaluer : entre 500 et 1 000 morts, militaires et civils confondus, selon les estimations. L'opération aboutit rapidement à la capture de Noriega et à l'installation d'un gouvernement favorable à Washington. Le Panama est un exemple d'intervention rapide visant explicitement un changement de régime, un modèle qui sera reproduit sous d'autres formes après la guerre froide.
7. Somalie (1992–1994)
L'intervention américaine en Somalie a débuté dans le cadre de l'opération Restore Hope, lancée en décembre 1992 sous mandat de l'ONU pour lutter contre la famine provoquée par la guerre civile. Environ 25 000 à 30 000 militaires américains ont participé à la première phase. Un contingent américain plus restreint a poursuivi son engagement après la prise en charge de la mission par l'ONU.
La situation a dégénéré en affrontements avec les forces du chef de faction Mohamed Farrah Aidid. La bataille de Mogadiscio, les 3 et 4 octobre 1993, a fait 18 morts et environ 70 blessés parmi les militaires américains. On estime qu'entre 300 et 1 000 Somaliens, combattants et civils confondus, ont péri. Le retrait américain a eu lieu en 1994. La Somalie est devenue le symbole des difficultés rencontrées par les États-Unis lors des opérations de stabilisation dans des sociétés fragmentées.
8. Kosovo et Serbie (1999) : la guerre aérienne de l'après-guerre froide
L’intervention de l’OTAN contre la Serbie en 1999 a marqué un tournant important dans l’évolution de la puissance militaire américaine. Bien qu’officiellement menée par l’OTAN, l’opération Force alliée était largement dominée par Washington, qui fournissait l’essentiel des renseignements, du commandement et du contrôle, des capacités logistiques, ainsi qu’une part importante des moyens aériens.
Contrairement aux guerres de Corée et du Vietnam, les États-Unis n'ont pas déployé de forces terrestres importantes. La campagne s'est principalement appuyée sur des bombardements aériens. Environ 40 000 militaires américains ont participé à l'opération ou à des opérations connexes, mais le nombre de forces directement impliquées dans les frappes est resté limité.
Les pertes américaines furent faibles, voire inexistantes : officiellement, aucun soldat américain ne fut tué au combat durant la campagne aérienne. Les pertes serbes sont estimées entre 1 000 et 2 000 militaires tués. Selon les sources, les pertes civiles serbes sont estimées entre 500 et 2 000 morts. Le bombardement de l’ambassade de Chine à Belgrade, le 7 mai 1999, déclencha une grave crise diplomatique. Trois journalistes chinois furent tués. Washington affirma qu’il s’agissait d’une erreur due à des renseignements erronés. Pékin contesta cette explication. L’intervention entraîna le retrait des forces serbes du Kosovo et le déploiement d’une force internationale.
9. Les guerres contre l’Irak (1990-2021) : un cycle de trois décennies d’intervention militaire
L'Irak est l'un des principaux théâtres d'intervention militaire des États-Unis depuis 1945. Il ne s'agit pas d'une guerre unique, mais d'un cycle qui a débuté en 1990 avec la guerre du Golfe et s'est poursuivi jusqu'aux opérations contre l'État islamique dans les années 2010.
La guerre du Golfe (1990-1991)
Suite à l'invasion du Koweït par l'Irak de Saddam Hussein en août 1990, les États-Unis ont organisé une coalition internationale sous mandat des Nations Unies afin de contraindre Bagdad à se retirer. L'opération Tempête du désert a débuté en janvier 1991 par une campagne aérienne massive, suivie d'une offensive terrestre de courte durée.
Les États-Unis ont déployé environ 540 000 soldats dans la région, ce qui représente le plus important engagement militaire américain depuis la guerre du Vietnam. Le conflit a entraîné des pertes américaines relativement limitées : quelques centaines de soldats tués et un peu moins de 500 blessés au combat.
Les pertes irakiennes furent bien plus élevées : selon diverses estimations, entre 20 000 et 35 000 soldats irakiens furent tués, et des dizaines de milliers d'autres blessés ou faits prisonniers.
On estime entre 3 000 et 10 000 le nombre de victimes civiles irakiennes directement liées aux combats, auxquelles s'ajoutent les conséquences indirectes de la destruction des infrastructures et des sanctions internationales imposées dans les années qui ont suivi. La guerre s'est achevée avec la « libération du Koweït », mais Washington a décidé de ne pas renverser Saddam Hussein. Le régime irakien a subi des inspections internationales, des frappes aériennes régulières et des sanctions qui ont durement affecté la population.
L'invasion et l'occupation de l'Irak (2003-2011)
En mars 2003, les États-Unis envahissaient l'Irak avec une coalition d'alliés menée par Washington. L'administration de George W. Bush affirmait que Bagdad possédait des armes de destruction massive et représentait une menace internationale. Ces accusations se révélèrent infondées. Le véritable objectif devint rapidement un changement de régime : Saddam Hussein fut renversé en avril 2003. Environ 1,5 million de militaires américains servirent en Irak entre 2003 et 2011, avec un pic d'environ 170 000 soldats américains présents simultanément en 2007. Les pertes américaines s'élevèrent à environ 4 600 soldats tués et plus de 32 000 blessés au combat. Les pertes irakiennes sont beaucoup plus difficiles à déterminer. Le nombre de soldats irakiens tués pendant l'invasion est estimé entre 10 000 et 30 000. Après la chute du régime, l'occupation déclencha une guerre civile, une insurrection armée et des affrontements sectaires.
Les estimations des pertes irakiennes varient considérablement : plusieurs centaines de milliers de morts selon les estimations épidémiologiques les plus optimistes, et environ 200 000 à 300 000 morts violentes documentées selon d’autres sources. L’invasion a également provoqué le déplacement de plusieurs millions de personnes. Les États-Unis ont officiellement retiré leurs forces de combat en décembre 2011, mais sont retournés en Irak à partir de 2014 dans le cadre de la lutte contre l’État islamique.
10. Afghanistan (2001-2021) : la plus longue guerre américaine
Suite aux attentats du 11 septembre 2001, les États-Unis ont lancé l'opération Liberté immuable contre Al-Qaïda et le régime taliban qui l'abritait. L'intervention a débuté par une campagne aérienne et un soutien aux forces de l'Alliance du Nord afghane. Les talibans ont rapidement été chassés du pouvoir, mais la guerre s'est progressivement transformée en un conflit de contre-insurrection. Au total, plus de 800 000 militaires américains ont servi en Afghanistan au cours des vingt années de guerre. À son apogée, en 2010-2011, les États-Unis ont déployé simultanément environ 100 000 soldats, atteignant ainsi un niveau record. Les pertes américaines s'élèvent à environ 2 460 morts et plus de 20 000 blessés. Du côté des forces opposées, on estime qu'entre 50 000 et 70 000 combattants talibans ont été tués, selon diverses estimations. Les forces afghanes alliées aux États-Unis ont subi de très lourdes pertes : plus de 60 000 militaires et policiers afghans ont été tués entre 2001 et 2021. Le projet « Costs of War » estime à environ 176 000 le nombre de morts directes dues à la guerre en Afghanistan entre 2001 et 2021, toutes catégories confondues, dont plus de 46 000 civils, sans compter les morts indirectes causées par les conséquences du conflit. Après vingt ans d’intervention, les États-Unis se sont retirés en août 2021. Les talibans ont rapidement repris le contrôle du pays, révélant l’échec de la stratégie de Washington en matière de transformation politique et institutionnelle.
11. Libye (2011) : guerre aérienne et changement de régime sans occupation
L'intervention en Libye représente un modèle différent des guerres en Afghanistan et en Irak. Les États-Unis ont dirigé l'opération de l'OTAN contre le régime de Mouammar Kadhafi dans le contexte des soulèvements du Printemps arabe de 2011. Officiellement justifiée par la protection de la population civile, l'intervention s'appuyait sur une résolution du Conseil de sécurité autorisant une zone d'exclusion aérienne. Les États-Unis ont joué un rôle central : commandement initial, renseignement, ravitaillement en vol, missiles de croisière et frappes aériennes. Contrairement à l'Irak, Washington n'a pas déployé de forces terrestres importantes. Pertes américaines : officiellement, aucune perte militaire américaine au combat. Les pertes libyennes sont estimées à plusieurs milliers de morts parmi les forces gouvernementales et les groupes rebelles. Les pertes civiles sont également estimées à plusieurs milliers. L'intervention a conduit à la chute du régime et à la mort de Kadhafi en octobre 2011, mais sans véritable reconstruction politique. La Libye est alors entrée dans une longue période de fragmentation institutionnelle et de guerre civile.
12. Syrie (depuis 2014) : intervention limitée, forces spéciales et partenaires locaux
Les États-Unis sont militairement engagés en Syrie depuis septembre 2014 dans le cadre de la lutte contre l'État islamique. Contrairement à l'Irak en 2003 ou à l'Afghanistan, Washington ne cherche pas officiellement à occuper le pays ni à renverser directement le gouvernement syrien. L'intervention repose sur des frappes aériennes, le déploiement de forces spéciales, le soutien aux Forces démocratiques syriennes et des opérations de renseignement.
Le nombre de militaires américains présents demeure limité : entre 900 et 2 500 soldats environ, selon la période. Les pertes américaines s’élèvent à plusieurs dizaines de militaires tués depuis 2014. Les pertes de l’État islamique sont estimées à plusieurs dizaines de milliers de combattants tués par la coalition. Le conflit syrien dans son ensemble a engendré un nombre considérable de victimes : environ 500 000 morts, voire plus, selon diverses estimations, et plusieurs millions de réfugiés et de personnes déplacées.
13. Yémen et mer Rouge (depuis 2024) : frappes aériennes directes des États-Unis
À partir de janvier 2024, les États-Unis sont intervenus directement au Yémen contre les forces houthies, parallèlement à des opérations en mer Rouge. Après une première phase de frappes menées conjointement avec le Royaume-Uni, Washington a considérablement intensifié sa campagne aérienne en 2025. Cette intervention se distinguait du soutien militaire, logistique et de renseignement fourni depuis 2015 à la coalition dirigée par l'Arabie saoudite. Dès 2024, les forces américaines ont mené elles-mêmes des frappes aériennes et navales contre des cibles houthies au Yémen. Ces opérations se sont poursuivies jusqu'en 2026.
Cette intervention s'inscrit dans le cadre d'une évolution plus large de la stratégie militaire américaine : le recours massif à la puissance aérienne et navale, aux missiles et aux drones, sans implication terrestre significative des États-Unis.
14. Venezuela (2026)
Le 3 janvier 2026, plus de 150 aéronefs militaires américains ont participé à l'opération Absolute Resolve . Décollant d'une vingtaine de bases terrestres et navales de l'hémisphère occidental, ils comprenaient notamment des F-22, des F-35, des F/A-18, des EA-18G, des E-2, des bombardiers B-1 et de nombreux drones. Des hélicoptères du 160e régiment d'aviation des opérations spéciales ont transporté, entre autres, des commandos de la Delta Force qui ont attaqué et infiltré le complexe où se trouvaient Nicolás Maduro et Cilia Flores, et les ont capturés. Le fort Tiuna, la base aérienne de La Carlota, le port de La Guaira et plusieurs autres installations militaires ou stratégiques ont également été touchés . Lancée depuis une vingtaine de bases terrestres et navales de l'hémisphère occidental, l'opération mobilisait notamment des F-22, des F-35, des F/A-18, des EA-18G, des E-2, des bombardiers B-1 et de nombreux drones. Des hélicoptères du 160e régiment d'aviation des opérations spéciales transportèrent, entre autres, des commandos de la Delta Force qui attaquèrent et pénétrèrent dans le complexe où se trouvaient Nicolás Maduro et Cilia Flores, et les capturèrent. Le fort Tiuna, la base aérienne de La Carlota, le port de La Guaira et plusieurs autres installations militaires ou stratégiques furent également touchés. Selon les autorités vénézuéliennes, les centres de recherche et les dépôts de fournitures médicales de l'IVIC à La Guaira subirent également des dommages. Maduro et Cilia Flores furent ensuite transférés à bord de l'USS Iwo Jima, puis transportés par avion via Guantánamo vers les États-Unis, où ils furent détenus au centre de détention métropolitain de Brooklyn dans l'attente de leur procès prévu pour 2027. L'opération n'aurait fait aucune victime américaine, mais plusieurs militaires américains furent blessés. Du côté vénézuélien et cubain, les estimations disponibles font état de 75 à 80 morts, dont au moins 32 militaires cubains et plusieurs dizaines de militaires vénézuéliens, sans compter les victimes civiles.
Quelques
mois plus tard, le 12 juin 2026, les États-Unis ont également procédé à une exécution extrajudiciaire par le biais d'une frappe aérienne ciblée sur le territoire vénézuélien contre un chef présumé d'un cartel de la drogue. Donald Trump a explicitement qualifié l'opération d'« exécution ». Il s'agit donc d'un nouvel exemple d'assassinat ciblé extrajudiciaire perpétré par les forces américaines hors du territoire américain. Maduro et Cilia Flores ont ensuite été transférés à bord de l'USS Iwo Jima, puis transportés par avion via Guantánamo vers les États-Unis, où ils ont été détenus au centre de détention métropolitain de Brooklyn. En attendant un procès prévu pour 2027, l'opération n'aurait fait aucune victime américaine, mais plusieurs militaires américains auraient été blessés. Du côté vénézuélien et cubain, les estimations disponibles font état de 75 à 80 morts, dont au moins 32 militaires cubains et plusieurs dizaines de militaires vénézuéliens, sans compter les victimes civiles.
Quelques
mois plus tard, le 12 juin 2026, les États-Unis ont également procédé à une exécution extrajudiciaire par le biais d'une frappe aérienne ciblée sur le territoire vénézuélien contre un chef présumé d'un cartel de la drogue. Donald Trump a explicitement qualifié l'opération d'« exécution ». Cet incident constitue donc un nouvel exemple d'assassinat ciblé extrajudiciaire perpétré par les forces américaines hors du territoire américain.
15. Iran (2025-2026) : deux interventions militaires directes des États-Unis
L'intervention militaire directe des États-Unis contre l'Iran s'est déroulée en deux phases distinctes, en 2025 et 2026.
En juin 2025, les États-Unis sont intervenus directement dans la guerre menée par Israël contre l'Iran. Dans la nuit du 21 au 22 juin, l'US Air Force a mené l'opération Midnight Hammer contre trois installations nucléaires iraniennes : Fordow, Natanz et Ispahan. Cette opération constitue une intervention militaire américaine directe, mais limitée dans le temps, réalisée principalement par voie aérienne, sans déploiement de troupes au sol sur le territoire iranien.
À partir du 28 février 2026, l'ampleur de l'intervention change. Les États-Unis participent directement, aux côtés d'Israël, à une guerre d'une ampleur bien plus importante contre l'Iran. Washington mobilise alors une présence militaire considérable dans la région et mène des opérations aériennes et navales de grande envergure. Une fois encore, il ne s'agit pas d'une guerre d'occupation comparable à celles d'Irak en 2003 ou d'Afghanistan : la stratégie repose principalement sur des frappes aériennes et de missiles, des opérations navales, le renseignement satellitaire et la coordination avec Israël.
Au début des opérations, deux groupes aéronavals et près de 2 000 militaires américains ont participé directement aux frappes initiales, tandis que les forces américaines stationnées sur des bases au Moyen-Orient assuraient le soutien, le renseignement, la défense et la logistique. Ce déploiement représente l'une des plus importantes concentrations de forces américaines au Moyen-Orient depuis la guerre d'Irak de 2003.
L'ampleur des bombardements américano-israéliens contre l'Iran est difficile à établir avec précision en l'absence de rapport officiel consolidé. Ces opérations ont néanmoins impliqué des dizaines de milliers de frappes et un volume considérable de bombes, de missiles de croisière, de missiles balistiques et de drones. Le Pentagone n'a pas publié de bilan complet des munitions utilisées, mais l'épuisement rapide de certains stocks américains donne une indication de l'intensité des opérations. Selon une enquête publiée par Reuters le 4 août 2026 et relayée par plusieurs médias, les États-Unis avaient utilisé la quasi-totalité de leurs stocks d'ATACMS ( Army Tactical Missile System , missiles balistiques tactiques à longue portée tirés depuis des lanceurs terrestres HIMARS/M270) et de PrSM ( Precision Strike Missile , une nouvelle génération de missiles sol-sol destinés à remplacer progressivement les ATACMS), ainsi que près de la moitié de leurs missiles de croisière Tomahawk . Les stocks de missiles intercepteurs Patriot et THAAD avaient également été fortement réduits.
Les pertes iraniennes importantes, tant militaires que civiles, doivent être évaluées avec prudence au vu des sources disponibles et du déroulement du conflit ; elles s’élèvent à au moins plusieurs milliers de victimes. Selon le ministère iranien de la Santé (déclaration du 15 juillet 2026), les attaques israélo-américaines lancées à partir du 28 février 2026 ont fait 3 468 morts et plus de 26 500 blessés en Iran. Le bilan officiel ne fait pas de distinction précise entre victimes civiles et militaires, mais il indique que parmi les morts figurent notamment 496 femmes et 376 enfants, confirmant ainsi l’ampleur des pertes civiles. Les chiffres concernant le personnel militaire sont beaucoup plus incertains : des sources iraniennes font état de plus de 1 200 membres des forces armées et des services de sécurité tués, tandis que les estimations américaines et israéliennes suggèrent un bilan militaire nettement plus lourd.
Cette intervention illustre une tendance générale : la préférence américaine pour les opérations capables d’infliger un coup dur à l’adversaire tout en limitant l’exposition directe de ses propres forces. Jusqu’à présent, cette agression conjointe américano-israélienne s’est avérée un échec de leur point de vue.
Conclusion de la première partie
L'histoire des guerres menées directement par les États-Unis depuis 1945 révèle une profonde transformation dans l'usage de la force. La Corée et le Vietnam illustrent le modèle de la guerre industrielle de masse, impliquant des centaines de milliers de soldats américains et causant des pertes considérables. Suite au traumatisme du Vietnam, Washington a progressivement privilégié des interventions avec des effectifs réduits, fondées sur la supériorité technologique, aérienne et navale.
Cependant, les expériences en Afghanistan et en Irak montrent que la domination militaire ne garantit pas la capacité d'imposer un ordre politique durable. Les États-Unis possèdent une puissance de destruction exceptionnelle, mais se heurtent à des limites importantes lorsqu'il s'agit de transformer des sociétés étrangères.
Ce changement explique le recours croissant à d'autres instruments de puissance : opérations secrètes, soutien aux alliés locaux, guerres par procuration et un réseau mondial de bases militaires, qui constituent les autres dimensions de l'intervention américaine depuis 1945.
II. Autres formes de projection de puissance américaine depuis 1945
1. Coups d'État et changements de régime : intervenir sans guerre ouverte
Les États-Unis n'ont pas seulement exercé leur puissance par le recours direct à leurs forces armées. Durant la guerre froide, ils ont fréquemment cherché à influencer l'évolution politique d'autres pays par le biais d'opérations clandestines, de pressions diplomatiques et de leur soutien à des forces locales capables de renverser des gouvernements jugés hostiles aux intérêts américains.
Ces interventions visaient principalement trois catégories d'adversaires : les gouvernements communistes ou alliés de l'Union soviétique ; les mouvements nationalistes et/ou révolutionnaires ; et les gouvernements réformistes ou progressistes menaçant les intérêts économiques américains. Le recours au changement de régime permettait à Washington d'atteindre des objectifs stratégiques sans engager officiellement ses forces armées. L'intervention américaine prenait différentes formes selon le pays et la période : organisation ou participation directe à un coup d'État, soutien matériel ou politique aux forces putschistes, incitation à la déstabilisation, ou soutien ultérieur à un régime arrivé au pouvoir par un coup d'État. Il est important de distinguer ces situations, car la nature et l'ampleur du rôle de Washington variaient dans chacune d'elles.
Iran (1953)
Le renversement du Premier ministre Mohammad Mossadegh constitue l'un des premiers exemples majeurs d'intervention secrète américaine après 1945. Suite à la nationalisation de l'industrie pétrolière iranienne en 1951, Washington et Londres considéraient le gouvernement Mossadegh comme une menace pour leurs intérêts économiques et stratégiques. L'opération Ajax, organisée par la CIA et le MI6 britannique, contribua au renversement du gouvernement en août 1953 et à la consolidation du pouvoir du Shah Mohammad Reza Pahlavi. Ce coup d'État ouvrit la voie à vingt-cinq années de régime autoritaire allié aux États-Unis, jusqu'à la révolution iranienne de 1979.
Guatemala (1954)
En 1954, la CIA organisa l'opération PBSUCCESS contre le président Jacobo Árbenz, démocratiquement élu et engagé dans une réforme agraire qui affectait particulièrement les intérêts de la United Fruit Company, basée aux États-Unis. Le renversement d'Árbenz inaugura plusieurs décennies de dictatures militaires au Guatemala, caractérisées par une répression généralisée des populations indigènes et des mouvements de gauche.
Congo (1960–1965)
Après l'indépendance du Congo belge en 1960, Washington considérait le Premier ministre Patrice Lumumba comme une menace en raison de son nationalisme et de sa volonté de contrôler les ressources minières du pays. Les États-Unis apportèrent un soutien politique et financier aux forces d'opposition. Il fut assassiné en janvier 1961, avec la complicité de responsables congolais et belges, alors même que des responsables américains avaient envisagé son élimination. La consolidation du pouvoir par Joseph-Désiré Mobutu, qui accéda définitivement au pouvoir en 1965, bénéficia par la suite d'un soutien occidental constant.
Brésil (1964)
Le coup d'État militaire brésilien de mars-avril 1964 a renversé le président João Goulart, que Washington accusait de mener une politique trop indépendante et trop proche des forces progressistes. Les États-Unis ont préparé l'opération Frère Sam , destinée à fournir un soutien logistique à l'armée brésilienne en cas de résistance. La dictature militaire brésilienne a duré vingt et un ans (1964-1985) et a mené une répression systématique contre l'opposition.
Indonésie (1965)
Le renversement de Sukarno et l'accession au pouvoir du général Suharto constituent l'un des changements de régime les plus importants de la Guerre froide. Suite à une tentative de coup d'État en septembre 1965, l'armée indonésienne lance une campagne massive contre le Parti communiste indonésien (PKI) et ses sympathisants. Les États-Unis apportent un soutien politique, des renseignements et une aide matérielle aux forces de Suharto. Le nombre de morts est estimé entre 500 000 et un million, principalement des militants communistes, des sympathisants présumés et des membres de groupes minoritaires ciblés.
Grèce : Le soutien américain au régime des colonels (1967-1974)
Le coup d'État militaire du 21 avril 1967, organisé par un groupe d'officiers grecs mené notamment par Georgios Papadopoulos, a renversé le gouvernement grec et instauré une dictature militaire qui a duré jusqu'en 1974. Les États-Unis n'ont pas directement organisé le coup d'État, mais ils ont maintenu des liens étroits avec l'armée grecque et se sont félicités de l'arrivée au pouvoir d'un régime farouchement anticommuniste, considéré comme fiable au sein de l'OTAN. Certains responsables américains voyaient dans la junte le moindre mal face au risque d'une évolution politique jugée favorable à la gauche. La dictature a suspendu les libertés politiques, arrêté des milliers d'opposants et les services de sécurité ont eu recours à la torture. Washington a maintenu son soutien militaire et diplomatique pendant plusieurs années, malgré les critiques croissantes au Congrès et au sein de l'opinion publique américaine. La rupture des relations s'est opérée progressivement après la chute de la junte en 1974, notamment à la suite de la crise chypriote.
Philippines (1972)
Le 21 septembre 1972, le président Ferdinand Marcos proclama la loi martiale, officiellement pour faire face à l'insurrection et aux troubles politiques, mais il utilisa ensuite cet état d'urgence pour concentrer tous les pouvoirs entre ses mains, emprisonner ses opposants et démanteler progressivement les institutions démocratiques. Washington soutint activement la dérive autoritaire puis la dictature instaurée par Marcos.
Chili (1973)
Le renversement du président Salvador Allende est l'un des cas les plus connus. Pendant plusieurs années, Washington a mené une politique visant à empêcher l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement socialiste démocratiquement élu et a soutenu les forces politiques et économiques opposées à Allende. Après le coup d'État militaire du général Augusto Pinochet le 11 septembre 1973, les États-Unis ont rapidement reconnu le nouveau régime. La dictature chilienne a duré dix-sept ans et a fait environ 3 000 morts ou disparus ; des dizaines de milliers de personnes ont été torturées ; et des centaines de milliers ont été contraintes à l'exil.
Uruguay (1973)
En Uruguay, le président Juan María Bordaberry, avec le soutien des forces armées, dissout le Parlement le 27 juin 1973 et instaure une dictature qui durera jusqu'en 1985. Dès février 1973, Washington soutenait les préparatifs de ce coup d'État. La dictature uruguayenne s'appuie sur la répression systématique de la gauche et du mouvement syndical, notamment par des arrestations massives, la torture, des assassinats et des disparitions.
Argentine (1976)
Le coup d'État militaire du 24 mars 1976 a renversé la présidente Isabel Perón et porté au pouvoir une junte dirigée par le général Jorge Rafael Videla. Washington, qui était au courant des préparatifs du coup d'État, a soutenu la junte.
Des documents diplomatiques américains révèlent que l'administration Ford était disposée à soutenir le nouveau régime tout en exprimant, dans une certaine mesure, des inquiétudes quant à l'ampleur de la répression. La « guerre sale » menée par la dictature a fait des dizaines de milliers de victimes (au moins 30 000 meurtres et disparitions forcées), ainsi que des actes de torture et des emprisonnements.
Opération Condor (1975–1980)
La coopération entre les dictatures du Cône Sud prit une dimension internationale avec l'opération Condor, mise en place en 1975 par les services secrets du Chili, de l'Argentine, de l'Uruguay, du Paraguay et de la Bolivie, rejoints plus tard par le Brésil. Son objectif était de coordonner le renseignement, la surveillance, les enlèvements, la torture et l'assassinat d'opposants politiques, y compris au-delà des frontières nationales. Les opposants réfugiés en Argentine, au Chili ou en Uruguay étaient ainsi traqués, enlevés et parfois assassinés ; des opérations étaient également planifiées ou menées en Europe et aux États-Unis. La CIA surveillait de près la mise en place et le fonctionnement de Condor : des documents déclassifiés montrent que, dès 1976, elle avait connaissance de projets d'assassinats à l'étranger et que les États-Unis fournissaient notamment du matériel pour le réseau de communication Condortel. En septembre 1976, l'assassinat à Washington de l'ancien ministre chilien Orlando Letelier et de son collègue Ronni Moffitt par des agents de la dictature de Pinochet illustra de façon spectaculaire l'ampleur de ce réseau international de répression.
Turquie (1980)
Le 12 septembre 1980, l'armée turque renversa le gouvernement élu de Süleyman Demirel et instaura un régime militaire dirigé par le général Kenan Evren. À cette époque, la Turquie était un allié stratégique clé de Washington et un pilier de l'OTAN face à l'Union soviétique. Les États-Unis n'étaient pas à l'origine du coup d'État, mais l'administration Carter réagit promptement en rassurant l'armée turque, en maintenant l'aide économique et militaire et en intervenant au sein de l'OTAN pour éviter que le coup d'État ne provoque une rupture avec les alliés occidentaux. La dictature suspendit les libertés politiques, dissolut les partis politiques et emprisonna et tortura massivement ses opposants.
2. Le soutien aux régimes autoritaires : une caractéristique constante de la stratégie américaine
Après 1945, la politique étrangère américaine a souvent combiné une défense affichée de la démocratie avec un soutien aux régimes autoritaires considérés comme des partenaires stratégiques. Cette contradiction était particulièrement flagrante pendant la guerre froide, mais elle a persisté après 1991.
Corée du Sud
Après 1945, Washington a soutenu la consolidation d'un État sud-coréen anticommuniste sous protectorat américain. À la suite de la guerre de Corée, les États-Unis ont maintenu une présence militaire permanente et soutenu plusieurs régimes autoritaires : Syngman Rhee, Park Chung-hee après le coup d'État de 1961 et Chun Doo-hwan après le coup d'État de 1979.
L'Espagne de Franco : de l'isolement diplomatique au partenariat stratégique
Le cas espagnol illustre l'évolution de la politique américaine envers les dictatures européennes issues de la Seconde Guerre mondiale. Après 1945, les liens des puissances de l'Axe ont officiellement marginalisé le régime de Francisco Franco. Cependant, avec le début de la Guerre froide, Washington a progressivement considéré l'Espagne comme un partenaire stratégique face à l'Union soviétique. À partir des années 1950, les États-Unis ont normalisé leurs relations avec Madrid. Les accords de Madrid de 1953 ont permis l'établissement de bases militaires américaines en Espagne en échange d'une aide économique et militaire. Washington a ainsi soutenu un régime autoritaire qui interdisait les partis politiques, réprimait l'opposition et maintenait un système corporatiste jusqu'à la mort de Franco en 1975. La priorité américaine à cette époque était la position géostratégique de l'Espagne dans l'Atlantique et la Méditerranée.
Le Portugal de Salazar : un allié stratégique de l'OTAN malgré la dictature
Le Portugal offre un autre exemple de la contradiction entre la défense affichée du « monde libre » et le soutien apporté aux régimes autoritaires. Les régimes d'António de Oliveira Salazar (1932-1968), puis celui de Marcelo Caetano (1968-1974), étaient des dictatures conservatrices et anticommunistes. Malgré son caractère autoritaire et le maintien d'un empire colonial en Afrique, le Portugal devint membre fondateur de l'OTAN en 1949. Les États-Unis considéraient les Açores comme une position militaire stratégique clé dans l'Atlantique Nord. Washington accepta donc de coopérer avec Lisbonne malgré la censure, la répression politique et les guerres coloniales menées par le Portugal en Angola, au Mozambique et en Guinée-Bissau.
Pakistan
Depuis les années 1950, le Pakistan est un allié clé des États-Unis dans la région. Washington a soutenu plusieurs régimes militaires : Ayub Khan (1958-1969), Yahya Khan (1969-1971), Zia-ul-Haq (1977-1988) et Pervez Musharraf (1999-2008). Suite au retrait américain d’Afghanistan en 2021, son importance stratégique a diminué, mais l’armée conserve une influence déterminante sur la vie politique pakistanaise. Depuis 2025, Washington cherche toutefois à renouer des liens avec l’establishment militaire pakistanais : Donald Trump a reçu le chef d’état-major de l’armée de terre, Asim Munir, à la Maison-Blanche en juin 2025, et les deux pays ont renforcé leur coopération en matière de lutte contre le terrorisme, de sécurité régionale, d’énergie et de ressources minières. Ce rapprochement s’est poursuivi en 2026. Le cas pakistanais illustre ainsi la continuité d'une politique dans laquelle les considérations démocratiques passent au second plan lorsque Washington estime que la coopération avec l'armée et les autorités qui lui sont liées sert ses intérêts stratégiques.
L'Indonésie de Suharto
Après 1965, les États-Unis considéraient Suharto comme un allié clé en Asie du Sud-Est. Washington a apporté un soutien politique et économique au régime jusqu'à sa chute en 1998, malgré la répression intérieure, l'invasion du Timor oriental en 1975 et des violations massives des droits de l'homme.
Le Zaïre de Mobutu
Mobutu Sese Seko bénéficia du soutien américain durant toute la Guerre froide. Washington considérait le Zaïre comme un rempart contre les mouvements révolutionnaires en Afrique centrale. Malgré l'autoritarisme, la corruption et la répression, Mobutu demeura un allié stratégique jusqu'à la fin de la Guerre froide.
Afrique du Sud
Les relations entre Washington et le régime d'apartheid sud-africain ont évolué au fil du temps.
Les États-Unis ont longtemps privilégié une politique de coopération discrète, notamment en raison de la position stratégique de l'Afrique australe et de la lutte contre les mouvements révolutionnaires soutenus par Cuba ou l'URSS. Le gouvernement américain a longtemps refusé de rompre tout lien avec Pretoria, malgré sa politique d'apartheid.
Arabie saoudite, Égypte, Turquie
Ces trois pays illustrent une autre forme de soutien : l’Arabie saoudite : un partenariat stratégique fondé sur le pétrole, la sécurité régionale et la lutte contre des adversaires communs ; l’Égypte : un soutien massif suite à l’accord de paix de 1979 avec Israël, malgré le caractère autoritaire du régime ; la Turquie : une alliance stratégique au sein de l’OTAN, même pendant les périodes de régime militaire.
L'Irak de Saddam Hussein contre l'Iran
Durant la guerre Iran-Irak (1980-1988), Washington, après avoir rompu ses relations diplomatiques avec Téhéran en 1979, a mis en œuvre une politique de soutien indirect à Bagdad. Les États-Unis ont fourni des renseignements militaires, un soutien diplomatique et une aide économique. L'objectif principal de cette politique était de mettre fin à la République islamique et de réduire son influence régionale.
3. Guerres par procuration : combattre indirectement par l'intermédiaire d'alliés
Une autre caractéristique majeure de la puissance américaine est le recours aux forces partenaires pour affronter ses adversaires sans déployer directement d'importantes unités américaines.
Afghanistan (1979–1989)
À partir de 1979, Washington a soutenu des groupes armés islamistes combattant le gouvernement afghan allié à Moscou. La CIA, avec l'appui du Pakistan et de l'Arabie saoudite, leur a fourni armes, financement et formation. Cette politique a contribué à l'affaiblissement de l'Union soviétique et, à long terme, au renforcement des groupes armés islamistes.
Angola
Durant la guerre civile angolaise, les États-Unis ont soutenu l'UNITA de Jonas Savimbi contre le MPLA, appuyé par Cuba et l'Union soviétique. Ce conflit est devenu l'un des principaux conflits par procuration de la guerre froide en Afrique et a fait plusieurs centaines de milliers de morts.
Nicaragua
Dans les années 1980, Washington a soutenu les Contras contre le gouvernement sandiniste. L'aide américaine comprenait des financements, des formations et une assistance militaire clandestine. Ce conflit a fait des dizaines de milliers de morts.
Le Salvador
Les États-Unis ont soutenu le gouvernement salvadorien contre les guérilleros du Front Farabundo Martí de libération nationale. Washington a fourni une aide militaire substantielle malgré les violations massives des droits de l'homme commises par les forces gouvernementales et leurs alliés paramilitaires. La guerre civile a fait environ 75 000 morts.
Syrie
Après 2011, les États-Unis ont soutenu divers partenaires locaux en Syrie contre l'État islamique et, à certains moments, contre le gouvernement syrien.
Ukraine
Depuis 2022, Washington, qui disposait déjà d'une présence clandestine en Ukraine, fournit une aide militaire massive à l'Ukraine face à l'invasion russe : armes, renseignements et assistance technique. Ce conflit constitue l'un des exemples contemporains majeurs de guerre par procuration entre grandes puissances. Cependant, la guerre en Ukraine ne se limite pas à une simple guerre par procuration, car le peuple ukrainien oppose une véritable résistance à l'invasion russe. Durant le second mandat de Trump, la Maison-Blanche a cherché à conclure un accord avec Poutine afin de permettre aux États-Unis d'agir librement dans le reste du monde, et dans ce contexte, l'aide militaire à Zelensky a été réduite.
4. Opérations secrètes : agir dans l'ombre pour influencer l' équilibre des pouvoirs
Au-delà des conflits armés ouverts et du soutien officiel à certains alliés, les États-Unis ont développé depuis 1945 un vaste appareil d'interventions clandestines s'appuyant principalement sur la CIA, les forces spéciales, les opérations de renseignement, les campagnes d'influence, les assassinats ciblés et, plus récemment, les cyberattaques. Durant la Guerre froide, ces opérations étaient guidées par un objectif central : empêcher la propagation de l'influence soviétique et préserver les intérêts américains sans provoquer de confrontation militaire directe entre les grandes puissances.
Opérations secrètes des agences de renseignement américaines en Europe occidentale (1945-1950)
Les premières grandes opérations secrètes américaines après la Seconde Guerre mondiale se concentrèrent sur l'Europe occidentale. Washington considérait les partis communistes, qui exerçaient une influence considérable en Italie, en France et en Grèce, comme une menace stratégique majeure dans le contexte naissant de la Guerre froide.
Europe occidentale : France, Italie et Grèce (1945-1950)
Au-delà des conflits armés ouverts et du soutien officiel à certains alliés, les États-Unis ont développé, depuis 1945, un vaste appareil d'interventions clandestines s'appuyant principalement sur la CIA, les forces spéciales, les opérations de renseignement, les campagnes d'influence, les assassinats ciblés et, plus récemment, les cyberattaques. Durant la Guerre froide, ces opérations étaient guidées par un objectif central : empêcher la propagation de l'influence soviétique et préserver les intérêts américains sans provoquer de confrontation militaire directe entre les grandes puissances.
Les premières opérations clandestines d'envergure menées par les États-Unis après la Seconde Guerre mondiale visaient directement l'Europe occidentale. Washington considérait les partis communistes, qui exerçaient une influence considérable en Italie, en France et en Grèce, comme une menace stratégique majeure dans le contexte naissant de la Guerre froide.
France
Pour contenir l'influence communiste au sein du mouvement syndical français, les États-Unis intervinrent dès 1945-1946, notamment par l'intermédiaire d'Irving Brown, représentant européen de la Fédération américaine du travail (AFL). Brown apporta un soutien financier aux syndicalistes anticommunistes regroupés autour de Léon Jouhaux et de la Force Ouvrière, afin de les inciter à rompre avec la CGT, alors sous influence communiste. Cette intervention s'intensifia en 1947, lorsque la crise politique et sociale en France, les importantes grèves de novembre-décembre et le différend relatif au plan Marshall provoquèrent la scission. Le 19 décembre 1947, Jouhaux et plusieurs dirigeants non communistes quittèrent la CGT ; la nouvelle organisation, la CGT-Force Ouvrière, fut officiellement fondée lors de son congrès des 12 et 13 avril 1948.
Italie
En Italie, le Parti communiste italien (PCI) devint, après 1945, l'un des plus importants partis communistes d'Europe occidentale. Les États-Unis intervinrent politiquement et financièrement pour empêcher une victoire électorale communiste. En particulier, la CIA soutint les forces anticommunistes lors des élections de 1948 : financement clandestin de partis et d'organisations favorables à la démocratie chrétienne, campagnes de propagande et mobilisation de réseaux politiques et religieux. La victoire de la démocratie chrétienne, menée par Alcide De Gasperi, constitua un succès majeur pour Washington.
L'Italie devint par la suite un pilier de la stratégie américaine en Europe occidentale et un membre fondateur de l'OTAN.
Grèce : guerre civile et intervention américaine
En Grèce, la guerre civile (1946-1949) fut l'un des premiers conflits majeurs de la Guerre froide. Elle opposa le gouvernement monarchiste, soutenu par les puissances occidentales, aux forces communistes, principalement organisées autour de l'Armée démocratique de Grèce (ADG). Après le retrait britannique, les États-Unis prirent le relais avec la doctrine Truman, annoncée en mars 1947. Washington apporta une aide militaire, économique et logistique massive au gouvernement grec afin d'empêcher une victoire communiste. Le coût humain de la guerre civile fut extrêmement élevé. Les estimations varient selon les sources, mais il est généralement admis que le conflit fit entre 80 000 et 100 000 morts ; des dizaines de milliers de combattants tués dans les deux camps ; entre 20 000 et 40 000 civils tués ou victimes de représailles ; et plus de 700 000 personnes déplacées ou affectées par les combats. La défaite des guérilleros communistes en 1949 consolida l'intégration de la Grèce au sein du bloc occidental. Le pays a rejoint l'OTAN en 1952.
Ces trois exemples montrent que les interventions secrètes américaines n'ont pas commencé dans les pays du Sud : elles ont d'abord été menées en Europe après la guerre afin de consolider un ordre politique favorable aux États-Unis.
5. La CIA et les opérations visant à provoquer un changement politique
À partir des années 1950, la CIA est devenue un instrument majeur de la politique étrangère américaine. Ses opérations comprenaient le renseignement, la propagande, le financement de partis et d'organisations politiques, le soutien à des groupes armés, des opérations de déstabilisation et l'appui à des coups d'État. Les exemples de l'Iran (1953), du Guatemala (1954), de l'Indonésie (1965) et du Chili (1973) illustrent cet aspect. Les révélations de la commission Church au Sénat américain dans les années 1970 ont mis au jour plusieurs programmes clandestins, notamment des complots d'assassinat visant certains dirigeants étrangers.
Parmi les opérations majeures de la CIA, l'invasion de la baie des Cochons à Cuba (1961) est particulièrement remarquable.
À Cuba, après la victoire de la révolution menée par Fidel Castro en janvier 1959, Washington s'attela rapidement à renverser le nouveau régime. La CIA organisa et finança l'entraînement de plusieurs centaines d'exilés cubains, regroupés au sein de la Brigade 2506, en vue d'une invasion de l'île. Le 17 avril 1961, sous la présidence de John F. Kennedy, environ 1 400 hommes débarquèrent dans la baie des Cochons, au sud de Cuba. L'opération bénéficia d'un soutien logistique et aérien américain, mais Kennedy refusa finalement d'engager directement les forces armées américaines. L'invasion fut écrasée en moins de trois jours par les forces cubaines : environ 1 200 membres de la Brigade 2506 furent capturés et plus d'une centaine tués. Cet échec n'entraîna pas l'abandon de la politique de changement de régime : au contraire, Washington intensifia ses opérations clandestines contre Cuba, notamment l'opération Mongoose à partir de novembre 1961, qui combinait sabotage, infiltration, propagande et plans visant à éliminer Fidel Castro. En 2026, Washington avait considérablement intensifié ses mesures contre Cuba afin de mettre fin à la souveraineté de l'île et de la rétablir de fait dans un statut néocolonial.
6. Forces spéciales : une forme permanente d'intervention limitée
Suite aux guerres d'Afghanistan et d'Irak, les forces spéciales américaines sont devenues un instrument essentiel de projection de puissance. Elles opèrent dans de nombreux pays pour former les forces locales, mener des opérations antiterroristes, effectuer des missions de reconnaissance et capturer ou éliminer les chefs ennemis. Parmi les unités les plus connues figurent les Navy SEALs, les Bérets verts et les unités spéciales de l'armée de terre et des services de renseignement. L'opération menée contre Oussama ben Laden au Pakistan en 2011 illustre cette nouvelle forme d'intervention : une opération secrète et de courte durée, menée par un nombre restreint de soldats hautement spécialisés.
7. Drones et assassinats ciblés
Depuis les années 2000, les drones armés sont devenus un outil central de la guerre contre le terrorisme menée par les États-Unis. Les administrations de George W. Bush, Barack Obama, Donald Trump, Joe Biden et Donald Trump ont largement eu recours aux frappes de drones et de missiles au Pakistan, au Yémen, en Somalie, en Afghanistan, en Irak, en Iran, au Venezuela, dans la mer des Caraïbes, dans l'est du Pacifique et ailleurs. Si cette stratégie contribue à limiter les pertes américaines, elle entraîne de nombreuses victimes civiles ; elle constitue un crime lorsqu'elle implique des exécutions extrajudiciaires ; et elle viole la souveraineté des États concernés. Les programmes de drones illustrent une transformation majeure : la capacité de frapper un adversaire à distance est devenue un élément essentiel de la puissance militaire américaine.
8. Opérations cybernétiques et guerre de l'information
Depuis les années 2010, le numérique est devenu un nouveau champ de bataille. Les États-Unis développent des capacités offensives en matière de cyberdéfense, de renseignement numérique et de guerre électronique. L'opération Stuxnet , menée en coopération avec Israël au début des années 2010 en réponse au programme nucléaire iranien, est l'un des exemples les plus connus d'une cyberopération visant à saper les capacités stratégiques d'un adversaire.
9. Les bases militaires américaines : une projection de puissance permanente
L'un des aspects les plus importants de la puissance américaine depuis 1945 a été son réseau mondial de bases militaires.
Contrairement aux grandes puissances précédentes, les États-Unis maintiennent une présence militaire permanente hors de leur territoire continental depuis 1945. Ce réseau permet une intervention rapide, la surveillance de régions stratégiques, la protection des alliés, le contrôle des voies maritimes, la capacité de mener des opérations militaires de longue portée et une intimidation permanente. Selon les estimations et la définition retenue, les États-Unis possèdent au moins 128 sites militaires à l'étranger au XXIe siècle , dont certains sont des bases permanentes et d'autres des installations ou des points de soutien utilisés de manière plus ponctuelle, répartis dans 55 pays et territoires à travers le monde. Outre ces sites officiellement recensés, de nombreux accords d'accès, sites de coopération et possibilités de déploiement temporaire permettent aux forces américaines d'opérer dans un nombre encore plus important de pays.
Europe
Les bases sont situées dans les pays suivants : Allemagne ; Italie ; Royaume-Uni ; Espagne ; Grèce ; Belgique ; Pays-Bas ; Portugal ; Pologne ; Roumanie ; Bulgarie ; Kosovo ; Norvège ; Danemark (Groenland).
Asie-Pacifique : contenir la Chine et assurer la domination maritime
Le deuxième pilier majeur de la présence militaire américaine se situe en Asie. Les principales bases sont implantées au Japon, en Corée du Sud, à Guam et aux Philippines (avec une présence renforcée depuis 2010).
Moyen-Orient : pétrole, voies maritimes et équilibre régional
Depuis les années 1970, les États-Unis ont développé une forte présence militaire au Moyen-Orient. Leurs principales bases se trouvent à Bahreïn (Cinquième flotte américaine), au Qatar, au Koweït, en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis.
Amérique latine et Caraïbes
Les États-Unis disposent de plusieurs bases permanentes dans la région, notamment Guantánamo à Cuba et Soto Cano au Honduras, ainsi que de sites de coopération militaire à Comalapa au Salvador, à Aruba et à Curaçao. Par ailleurs, des accords permettent l'accès aux installations militaires, la présence temporaire de personnel américain et la réalisation d'exercices ou d'opérations conjointes, notamment en Colombie, en Équateur, au Paraguay, au Panama, aux Bahamas, au Guatemala, en Argentine, au Brésil, au Pérou, au Chili, en Uruguay et à Trinité-et-Tobago[1]. En 2026, ce cadre a été renforcé par le développement de la coopération militaire avec l'Équateur et la Colombie et par la signature, en août 2026, d'un accord sur le statut des forces avec la Jamaïque.
Afrique : une présence plus limitée mais croissante
Longtemps restée discrète en Afrique, l'armée américaine a, depuis les années 2000, développé un dispositif adapté à la lutte contre le terrorisme. La création du Commandement des États-Unis pour l'Afrique (AFRICOM) en 2007 a marqué cette évolution. Sa principale base permanente se situe à Djibouti, ce qui facilite les opérations dans la Corne de l'Afrique, au Moyen-Orient et dans l'océan Indien.
Conclusion générale : un système d'intervention global
Depuis 1945, la puissance américaine ne repose plus uniquement sur ses guerres ouvertes. Celles-ci ne constituent que la partie la plus visible d'un système beaucoup plus vaste combinant plusieurs instruments.
Les États-Unis ont eu recours à la guerre directe lorsque leurs dirigeants ont jugé qu'un engagement militaire massif était nécessaire (Corée, Vietnam, Irak, Afghanistan) ; au changement de régime lorsque des gouvernements étaient considérés comme hostiles (Iran, Guatemala, Chili, Indonésie) ; au soutien de régimes autoritaires lorsque ceux-ci servaient leurs intérêts stratégiques (Corée du Sud, Pakistan, Mobutu, Marcos, Arabie saoudite) ; à des guerres par procuration pour affaiblir leurs adversaires sans confrontation majeure (Afghanistan, Angola, Nicaragua, etc.) ; à des opérations secrètes pour influencer l'équilibre des pouvoirs politiques ; et à un réseau mondial de bases militaires permettant une présence permanente sur chaque continent.
Cette combinaison explique la longévité de la puissance américaine depuis 1945. Elle permet à Washington d'agir simultanément sur plusieurs plans : militaire, diplomatique, économique, technologique et politique.
L’histoire des interventions américaines depuis 1945 apparaît donc moins comme une succession de guerres isolées que comme un système global de projection de puissance, adapté aux différentes configurations de la guerre froide et, par la suite, du monde post-1991.
