Histoire et société3

Tant qu'il n'y a pas d'œuvre commune, il y aura toujours de l'intolérance

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Histoire et société > Éditorial

Editorial :Est-ce que pour la troisième fois le socialisme sauvera l'humanité..par Danielle Bleitrach.

Poutine aurait déclaré : "l'Ukraine de l'ouest est un cadeau que Joseph Staline a fait à l'Ukraine" . Il s'agit d'une traduction d'une video rapportée dans les réseaux sociaux on ne peut donc être assuré que Poutine ait prononcé ces paroles. En tous les cas, il est clair que les défendre n'est pas le chemin le plus aisé pour modifier les consciences aliénées de nos contemporains. Il y a actuellement une inculture historique générale en France, et il faut des nerfs d'acier pour rétablir les faits pourtant les plus évidents, ceux qui ne devraient pas souffrir débat comme le rôle de l'Union soviétique dans la victoire de la deuxième guerre mondiale, je l'ai dit à propos d'un film récent sur la bataille De gaulle. Comme d'ailleurs le rôle de l'OTAN dans la guerre avec l'Ukraine. L'ignorance sur ce qui se passe dans le vaste monde est à peu près de même nature. Si le terme de "cadeau" est particulièrement inapproprié, le commentaire qui suit à savoir que l'Ukraine risque de ne pas se relever de sa russophobie et de disparaître en tant que nation mérite discussion. Poutine a été élevé en URSS, avec une certaine visée historique de toute stratégie, il est désormais de plus en plus contraint de savoir qu'il n'y a rien à attendre ni pour lui, ni pour son pays de l'impérialisme occidental, ce qui l'aide à voir plus clair. Mais ce qui est important au-delà de cette boutade est le fait que comme nous le rapportons, il faut revenir à l'affirmation de Lukacs pourtant très critique du "stalinisme" à savoir que par deux fois le socialisme, celui de la Russie stalinienne a sauvé l'humanité . C'est une vérité première également . Et elle nous conduit à une autre "évidence" : nous sommes dans le troisième cas avec le monde multipolaire, la Chine, le partenariat stratégique... Bref ce qui nous a conduit à proposer que la France rompe avec l'alliance atlantique et se tourne vers le monde multipolaire comme le complément indispensable du choix du socialisme à la française., le "parti pris" du multipolaire conditionne tous les autres auquel nous ne pouvons qu'adhérer comme celui du travail ou de l'écologie. .

Publié par Danielle Bleitrach

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Article original pour le blog

Poutine : «L'Ukraine occidentale était un cadeau de Joseph Staline à l'Ukraine sous une condition... !»

Cette phrase est la traduction d'une video, des propos rapportés dans les réseaux sociaux. C'est dire que sa véracité n'est pas établie. Il faut constater d'ailleurs que quoi qu'on dise à partir du moment où on prononce le nom de Staline cela relève en occident et en France de la provocation. Il y a là la réussite incontestable de l'identification Staline-Hitler et il y a tout à craindre au vu de l'évolution que bientôt la réhabilitation du nazisme et du fascisme fasse que seul le nom de Staline entraine cette réaction, et dans son orbite déconsidère tous les classiques du marxisme. Nous n'en sommes pas loin... Mais le commentaire qui suit cette référence du cadeau de Staline ne manque pas de pertinence dans l'établissement de "la condition" d'un seul Etat., comme base de la paix et de la souveraineté au temps de la guerre froide alors que le contrat de paix et de ,souveraineté proposé par la Chine est multipolaire.

Poutine en effet ajoute :

«Il y a la partie occidentale de l'Ukraine — un cadeau de Joseph Staline à l'Ukraine après la guerre. Mais il l'a donné dans le cadre d'un seul État. Au fait, je suis convaincu que tôt ou tard l'Ukraine perdra ces territoires occidentaux. Et ce qui appartenait à la Pologne, appartenait à l'Hongrie, appartenait à la Roumanie — en un an, deux, 10, 15 ans, mais historiquement tout reviendra à sa place. Il n'y avait qu'un seul garant de l'intégrité territoriale de l'Ukraine — c'est la Russie ! Malgré cela, ils ont décidé que c'était dans leur intérêt de déclarer la Russie leur ennemie et même officiellement de désigner les Russes en Ukraine comme une nation «non indigène» ou «non titrée». Mais ils l'ont fait de toute façon. Eh bien, imaginez ! Qu'est-ce qu'ils sont alors ? Mais en tout cas, laissez-le être ce qu'ils croient être et qui est leur fin... »

1-Les sous empires conflictuels quand s'effondre un empire ou une puissance impérialiste

Effectivement ce qui se passe aujourd'hui dans l'UE et singulièrement dans les ex-pays du pacte de Varsovie conduit à l'effondrement des nations, celles-ci i ont été bricolées à la suite des différentes guerres mondiales et l'effondrement des empires que ces guerres ont entraînées. On peut considérer qu'il y a eu une certaine stabilité des frontières tant que l'impérialisme a connu la régulation imposée par l'existence de l'URSS mais depuis la fin de celle-ci nous revivons ce que les guerres impérialistes ont toujours provoqué et en particulier en Europe. C'est dans ce contexte que ressurgissent des nationalismes chauvins, identitaires et des divisions internes xénophobes qui multiplient les "conflits régionaux" vers l'escalade de l'embrasement mondial et nucléaire.

Le nationalisme ukrainien dont il faudra bien un jour faire l'historique y compris dans l'histoire de l'URSS (1) aujourd'hui pour devenir le bras armé de l'OTAN s'est développé sur la haine de la Russie avec des antagonismes identitaires exacerbés entretenus dans le but du démantèlement de la fédération de Russie sur le mode de ce qui a été mené contre l'URSS.

C'est à ce propos que Poutine émet un diagnostic que nous partageons : le boomerang en fait se retourne contre l'UE qui vit un déclin accéléré économique mais aussi politique, culturel, écologique, lié à cette hostilité, celle de tous ceux qui sont partis à la conquête de la Russie puis de l'URSS. Certains petits Etats n'y survivront pas. Parce que face à l'Ukraine les appétits fondés sur des "identités " mythifiées sont multiples, au premier rang l'Allemagne qui a recommencé sa ruée vers l'est, depuis pas mal de temps, il n'y a pas que la Pologne qui revendique sa "part" et définit à nouveau la grande Pologne (pourquoi pas le grand duché de Lituanie? qui exista du XIVe au XVIe siècle voir illustration) mais Il y a la Hongrie, voire la Roumanie.

L'impérialisme à la fin de la seconde guerre mondiale a voulu avec Roosevelt nous amputer de la grande Wallonie dont bénéficierait la Belgique, identifiée à la Lotharingie des fils de Charlemagne, la conception de l'Europe a donné lieu à des "sous impérialismes conflictuels". dans l'UE et elle même identifiée désormais à l'OTAN. L'administration des Etats-Unis qu'il s'agisse de celle d'Obama-Biden ou de Trump n'est guère plus convaincue par l'intangibilité des frontières simplement elle a de moins en moins les moyens de sa politique et choisit d'en faire toujours plus peser la charge sur des alliés- vassaux dans leurs antagonismes régionaux.

Les nations actuellement en train de jouer le surarmement à l'intérieur de l'OTAN sont déjà en rivalité et en affrontements comme la Pologne et l'Ukraine mais aussi avec l'Allemagne. Trump et ces prédécesseurs ont lâché les vannes dès le démantèlement de la Yougoslavie, on ne fera pas rentrer le dentifrice dans son tube... Pas plus d'ailleurs que le modèle de la paix dans un seul Etat fut-il socialiste est à recréer.

2- Qu'a représenté la création de l'URSS et le "cadeau" de joseph Staline, celui de Lénine également ?

L'URSS nait de la chute des empires austro-hongrois et tsariste né de la première guerre mondiale. La question est de savoir si l'URSS a été elle-même un impérialisme? Non parce qu'effectivement dans le socialisme personne n'a intérêt à la guerre.

Si dans la vision nationaliste qui est celle de Poutine, on affirme que l'Ukraine occidentale était un cadeau de Joseph Staline à l'Ukraine, on peut également considérer que le Donbass fut un "cadeau" de Lénine à l'Ukraine parce qu'il souhaitait rééquilibrer les zones purement agricole et souvent agitées avec une zone ouvrière qui elle souhaitait pourtant rester autonome. Quant à la Crimée ce fut un cadeau de Khrouchtchev qui était lui-même ukrainien.

Or la création de l'URSS s'est imposée parce que les puissances occidentales refusaient de reconnaître les républiques qui s'étaient créées à partir de la fin de l'empire tsariste. En particulier c'était le cas de l'Ukraine et de la Géorgie dans le traitement de la question de la fin de l'empire Ottoman et le détroit des Dardanelles. A la limite la diplomatie soviétique russe qui avait un mal fou à récupérer ses ambassades (offertes à des "russes blancs" ) et à se faire reconnaitre dans la situation de partage de l'Europe, résultat de la première guerre mondiale avec l'effondrement de l'empire austro-hongrois et prussien. Chacun prétendait se tailler un morceau et les Anglais n'étaient pas les derniers à entretenir les divisions pour en profiter mais se profilait leur digne successeur les Etat-Unis. il suffit de lire les grands congrès au cours desquels furent organisé ces partages impérialiste post première guerre mondiale pour mesurer qu'il fallut toute la subtilité de Lénine, sa manière de jouer avec les Allemands vaincus pour tenter de préserver non seulement l'Ukraine mais des pays comme la Turquie ou l'Iran.

L'idée de l'Urss est née du refus de reconnaitre à la table des discussion sur la mer noire et le Bosphore l'Ukraine et se constitua peu à peu une fédération des républiques soviétiques déléguant chacune leur politique extérieure mais jouissant d'une certaine autonomie dans la gestion intérieure. L'URSS était en fait une mosaïque complexe dans laquelle subsistaient à l'intérieur des Républiques des villes, des zones qui avaient leur propre identité. Quand on connait cette histoire là comme celle de la deuxième guerre mondiale on ne peut que considérer que l'existence de l'URSS a été la garantie de la paix dans cette mosaïque qui parce que personne n'y avait intérêt à la guerre fut un modèle de coexistence dont tout le monde a la nostalgie, même quand il refuse le socialisme. Ce qui est le cas de Poutine et de bien des gens de son parti, qui ne craignent pas d'accuser les communistes d'avoir détruit l'URSS.

Donc quand Poutine dit que la Pologne fut un cadeau de Staline à l'Ukraine, cette phrase est étrangère y compris à Staline chez qui la dimension de classe était prioritaire c'était pour l'Union soviétique que Staline annexa des zones que l'armée rouge avait libérées et qui n'était pas a priori celles qui le souhaitaient le plus vu, que comme la Hongrie et d'autres la plupart avaient des gouvernements fascistes autochtones., mais justement imposer la dictature du prolétariat er empêcher le retour du fascisme. L'URSS avait pour Staline à la fois une dimension de classe comparable à ce qui justifiait pour Robespierre la "terreur" et une dimension "civilisationnelle" d'ailleurs comparable à la révolution française. Aujourd'hui dans le sud du monde multipolaire s'il est discuté c'est pour avoir été trop centré sur la vision euopéocentrée et ne pas avoir tenu compte de l'existence de nations subordonnées par le colonialisme, cette tendance s'est selon nous encore exagéré avec son successeur Khrouchtchev.? mais tout cela participe d'un débat en cours.

Cela dit Poutine a parfaitement raison de dire que cette annexion s'est faite dans le cadre de l'URSS alors qu'aujourd'hui au vu de ce qu'est l'UE chacun se croit obligé de réclamer ce qui lui appartient ou qui est sensé lui appartenir, chacun se référant au moment de son histoire où son espace était le plus étendu.

Les guerres impérialistes ont toujours donné lieu non pas au "vide" quand une des puissances s'effondre mais à des luttes internes entre puissances régionales pour tenter - en se mettant sous la protection du vainqueur- de s'imposer aux voisins. en bénéficiant de nouveaux territoires cela s'est passé ainsi à la fin cette fois de la seconde guerre mondiale. Et on perçoit bien quelque chose de cet ordre dans l'affaiblissement actuel de la puissance des USA, comme dans la situation actuelle du golfe avec l'impasse de la guerre en Iran. Il y a même le choix de l'entretien des conflits régionaux pour en rester l'arbitre quitte à limiter le coût de sa présence. Cette réalité qui a été déterminante pendant des siècles a durant toute la présence de l'URSS connu une relative intangibilité des frontières., basée sur le fait que le socialisme ne veut pas la guerre à l'inverse du capitalisme. On peut trouver cette affirmation "rustique" au vu de la multiplicité des cas, voire des "hasards" mais les faits la démontrent.

3 - En quoi, l'URSS a-t-elle été une garantie face aux appétits déchaînés ? Non seulement de l'impérialisme mais de ses alliés et guerriers par procuration?

Mais au vu de ce qui se, passe aujourd'hui on peut considérer que Poutine n'a pas tort quand il prévoit que en prétendant poursuivre le démembrement de la fédération de Russie comme ils l'ont fait pour le pacte de Varsovie et pour l'URSS, les occidentaux, du moins les "européens" vassalisés à travers l'OTAN. Il faut mesurer que le processus est assez universel, les vassaux asiatiques et dans tous les continents reproduisent les mêmes convulsions, et tous connaissent déjà un effet boomerang qui les condamne eux mêmes au déclin. Pour l'Europe elle retrouve la voracité habituelle qui pendant des siècles l' a déchirée puis le monde, l'escalade impérialiste vers le conflit mondial. Notez que les communistes du KPRF, que nous avons le grand tort de censurer, répondent au "nationalisme" de Poutine que l'on ne gagne pas la guerre contre le renouveau du fascisme avec des oligarques, cinquième colonne, pour qui la guerre est un moyen de s'enrichir et décourage le patriotisme qui a besoin lui aussi de la haine pour avancer.

Ce qui est fascinant c'est de voir à quel point les droites conservatrices sont le plus déchaînées à se déchirer entre elles et le cas de la Pologne n'est pas isolé même s'il a des allures de paroxysme. La droite conservatrice polonaise est littéralement déchaînée contre l'Ukraine et elle accuse le gouvernement Tusk pro-européen de continuer à soutenir un gouvernement qui considère Bandera et ceux qui ont massacré des citoyens polonais comme des héros nationaux.

Se mêlent la mémoire d'un douloureux passé historique. liés aux traumatismes de la deuxième guerre mondiale avec les problèmes concrets d'un continent sacrifié au surarmement et aux marchés financiers. ​Le point de friction majeur concerne l'Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA), liée à la branche de Stepan Bandera (OUN-B). En 1943, l'UPA a perpétré les massacres de Volhynie, une campagne d'épuration ethnique visant la population polonaise de la région de la Volhynie et de la Galice orientale. Le nombre de victimes polonaises est estimé par les historiens entre 60 000 et 100 000 morts. Or en Ukraine, l'UPA et Stepan Bandera ont été réhabilités par certaines lois (notamment en 2015) et pour affronter et faire de la Russie l'ennemi comme cela a été provoqué depuis les révolutions oranges jusqu'au Maïdan il a fallu s'appuyer sur une idéologie nationaliste nazie. ​Ce conflit mémoriel engendre régulièrement de fortes tensions politiques, la Pologne exigeant la reconnaissance de ces crimes et l'exhumation des victimes comme condition à un partenariat pleinement apaisé

4- Surarmement, misère, chômage et racisme ... diviser les victimes entre elles...

Mais ce conflit historique qui est devenu paradoxalement le cheval de bataille de la droite conservatrice dans son attaque du pro-européen Tusk (lui même un descendant d'un engagé volontaire dans la wehrmacht et ancré selon ses dires dans la minorité kachoube qui a été pro-allemande, avec des origines familiales également allemandes par sa grand-mère maternelle dans la région de Gdańsk (autrefois Dantzig) est dénoncé comme menant un double jeu qui le rendrait proche du négationnisme des Ukrainiens. Cette hostilité à l'égard des "ukrainiens" s'appuie sur une opinion publique polonaise de plus en plus hostile à la concurrence ukrainienne et aux "cadeaux" faits aux réfugiés. Une situation que l'on retrouve dans toute l'UE. La Pologne a accueilli plus de quatre millions de réfugiés ukrainiens depuis le début de l'invasion russe en 2022. Cet accueil, salué internationalement comme un exemple de solidarité, a progressivement laissé place à une lassitude perceptible. Les tensions économiques, la pression sur le logement, le marché du travail et les services publics ont créé un terreau propice à la xénophobie. Ce qui en France est essentiellement une question migratoire liée à la colonisation est en Europe centrale un hérissement d'antagonismes de proximité exaspérés par les guerres.

Dans un tel contexte, les déchaînement de la droite conservatrice manipulent aussi l'opinion publique qui, comme le montrent les sondages ukrainiens , est de plus en plus allergique à la présence ukrainienne. Les jeunes femmes polonaises étant un des groupes les plus hostiles à cette présence, (ce que la presse ukrainienne toujours au ras des pâquerettes attribue à la concurrence maritale) En fait le phénomène est lié à la dégradation de la vie dans les pays de l'UE, les exigences en matière de surarmement sous prétexte de défendre l'Ukraine, l'impopularité croissante du régime ukrainien avec la multiplication de scandales. Résultat la population ukrainienne est en Pologne de plus en plus victime d'attaques xénophobes, qui peuvent être aussi des règlements de compte entre bandes mafieuses liées au trafic d'armes et de stupéfiants. Comme cela existe déjà à Marseille, xénophobie et guerre des gangs existent avec d'autres mafias venus des pays de l'est et qui se heurtent à d'autres issues des circuits de la colonisation.

Il y a des gens qui s'intègrent au monde du travail et qui ne souhaitent pas revenir dans leur pays et qui eux comme tous les nouveaux arrivants sont accusés de peser sur les salaires. Et le paradoxe est que l'UE a besoin d'immigrés mais que ceux-ci sont utilisés partout comme des boucs émissaires dans un contexte qui est celui du choix de la guerre.

C'est dans la logique de l'impasse dans laquelle cette politique xénophobe et aux appétits voraces menée par l'Union européenne, sa "commission", la guerre et les intérêts qu'elle nourrit, exaspère, nous a conduit et comment elle engendre des divisions et des haines dont les plus fragiles sont victimes.

Plus Kiev et ses alliés occidentaux proclament haut et fort un « tournant » dans les combats, plus il devient évident que la confrontation militaire en Ukraine touche à sa fin. Et cette fin sera radicalement différente de ce qu'imaginent le régime de Kiev et les eurocrates. C'est précisément ce qui contraint les deux camps à implorer la Russie d'instaurer un cessez-le-feu.

5- Et pour la troisième fois avec la Chine, le socialisme nous protège d'un danger historique...

CONCLUSION : Je suis en train de travailler avec une amie hongroise, Judith Morva, une préface pour des textes archives concernant les événements en Hongrie de 1956 dont c'est bientôt l'anniversaire. Et nous avons discuté au téléphone du cas de Lukacs. En fait comme d'habitude sa position n'a pas été des plus évidentes. Le grand philosophe marxiste a été un de ceux qui s'est réfugié à l'ambassade de Yougoslavie parce qu'il était comme d'autres déchiré entre ses analyses théoriques rigoureuses et sa manière de céder à la pression des appels à la liberté on sait qu'il fut un de ceux qui eut une démarche critique assez radicale contre le stalinisme, .

J'ai donc envie de lui emprunter sa conclusion à la fin de sa vie quand il s'inquiétait devant la manière dont des jeunes intellectuels hongrois étaient en train d'apporter leur caution au retour du capitalisme, voici ce qu'il disait de Staline et qui pourrait utilement compléter la réflexion de Poutine et ses commentaires sur le rôle joué par l'URSS et pour une part par la Russie partenaire stratégique de la Chine dans un monde multipolaire : "son "dernier mot" politique relève d'une lucidité sans résignation. En 1967 (2) il disait qu'à son avis, "le pire des socialismes est meilleur que le meilleur des régimes capitalistes" et que c'était cette conviction profonde qui lui avait permis de vivre une époque tourmentée. Dans une interview télévisée fin 1969, réalisée par le cinéaste Kovacs, il ne dit pas autre chose , quoique différemment : " Dans un Etat socialiste, il n'y a aucune couche qui ait intérêt à la guerre. Ainsi il en résulte une possibilité de préserver la paix qui n'existe dans aucun Etat capitaliste. Cela est naturel même si les exemples qu'on peut tirer des événements réels n'en fournissent jamais les exemples à cent pour cent. N'oubliez pas que durant les cinquante dernières années, le monde s'est trouvé deux fois en grand danger. Le premier c'était de voir Hitler engloutir le monde. Eh bien, il n'y a aucun doute que la Russie stalinienne a empêché cela et sauvé le monde de la domination hitlérienne. Le second danger, quand l'Amérique disposa de la bombe atomique, c'était le capitalisme des monopoles américains, étant le seul à posséder la bombe atomique, puisse exercer une dictature mondiale. Ce fut encore la Russie stalinienne qui, avec l'aide de l'atome, nous en préserva. Quelques soient les hasards ayant joué un rôle dans cette affaire - car quantités de hasards sont intervenus- c'est tout de même en fin de compte, le socialisme qui nous a protégé contre ces deux dangers historiques et, à mon avis, il ne faut jamais l'oublier. (3)

Si l'on devait trouver l'explication la plus fondamentale non seulement à mon engagement communiste qui eut lieu justement en 1956 quand j'ai vu la photo de communistes pendus en Hongrie à des crocs de boucher, mais à la fidélité à cet engagement même de plus en plus solitaire c'est dans cette évidence énoncée par Lukacs qu'il faudrait la trouver. Comme d'ailleurs dans mon pseudo "stalinisme", ce que je sais c'est que la position de certains anti-staliniens, est indéfendable, quand ils en arrivent à interdire dans les revues du PCF de publier ce texte qui me parait un des plus éclairant sur les enjeux du socialisme face à l'impérialisme.

J'ajouterai que dans la même logique, j'ai défendu l'idée d'adhérer au monde multipolaire et à la Chine parce que pour la troisième fois un régime socialiste en partenariat avec d'autres pays socialistes et d'autres comme la Russie qui sont de nature hybride certes mais qui mènent un combat contre l'escalade de l'OTAN , éclairé par l'expérience historique du premier état socialiste l'URSS, mais aujourd'hui riche de ses enseignements y compris de ses échecs n'est pas une simple reproduction de celui-ci.

Danielle Bleitrach

(1) Je suis en train de lire un livre assez étonnant paru chez Robert Laffont en 1971 : Khrouchtchev souvenirs. En fait il s'agit de récits de souvenirs parvenus aux Etats-Unis après sa mise à l'écart, introduit et commentés par Edward Crankshaw (historien britannique spécialiste de l'Union sovietique et de l'Allemagne nazie). , j'aurais l'occasion d'en reparler mais ce qui frappe outre la médiocrité de l'argumentation,c'est le caractère à huis clos du récit qui reste dans les cercles de la nomenklatura au plan national et international, le contraire des textes de Lénine et Staline.,Sans parler de Mao, les chapitres consacrés à Mao et à ce qui provoque la querelle sino-soviétique est hallucinant de bêtise, voire de racisme. Il y a également un rôle joué par le nationalisme ukrainien de Khrouchtchev dans la "déstalinisation" S'il se présente comme un communiste sincère, je suis assez d'accord avec le commentaire de Crankshaw qui s'interroge de ce fait sur le statut de tels écrits et qui y voit la crainte de Khrouchtchev d'une réhabilitation de Staline et sa propre condamnation. Mais il est passionnant de lire ce texte qui a été estimé authentique comme pièce au dossier d'un événement aussi considérable que ce choix de la déstalinisation. Il me parait toujours plus nécessaire d'aborder cette question sur laquelle il existe d'abondants matériaux.

(2) POLOGNE : LES CRIMES CONTRE LES UKRAINIENS EXPLOSENT

Les statistiques de la police polonaise révèlent une forte hausse des signalements de crimes motivés par la haine envers les Ukrainiens. Agressions verbales, violences physiques et harcèlement en ligne témoignent d'une dégradation du climat social dans plusieurs villes du pays. Les chiffres officiels ne mentent pas. Les signalements de crimes à motivation raciale ou ethnique visant les ressortissants ukrainiens ont connu une augmentation significative ces derniers mois. Les agressions verbales dans les espaces publics, les transports en commun et les lieux de travail se multiplient. Les violences physiques, moins fréquentes mais plus spectaculaires, alimentent l'angoisse d'une communauté déjà éprouvée par la guerre. Le harcèlement en ligne complète ce tableau. Sur les réseaux sociaux, les commentaires hostiles, les menaces et la stigmatisation systématique des Ukrainiens sont devenus monnaie courante. La frontière entre le discours politique et la haine raciale s'est effacée dénonce la presse de Kyiv. La hausse des crimes de haine n'est pas un phénomène polonais isolé. Elle s'inscrit dans une dynamique européenne plus large où l'accueil des réfugiés ukrainiens, initialement enthousiaste, s'essouffle face aux coûts réels et perçus. Mais la Pologne, en raison de sa proximité géographique, de sa population de réfugiés particulièrement dense et de sa polarisation politique, concentre ces tensions de manière aiguë.t. Les marches nationalistes, comme celle de Varsovie du 12 juillet 2026 exigeant la fin de l'aide à Kiev, illustrent cette radicalisation.

#Pologne #Ukraine #CrimesDeHaine #Racisme #Réfugiés #Xénophobie #Europe

3 ) Lukacs 1885- 1971. Il a accompli une oeuvre immense philosophique, politique, esthétique qui a marqué la pensée européenne.

4) le 2 octobre 1969 paru dans la revue Kritika cité par Claude Prévot dans son introduction aux textes de György Lukacs . Messidor edtions sociales . Avril 1985. Ce livre qui rassemble un choix de textes recontextualisés par un grand intellectuels spécialiste de la littérature allemande, membre du PCF que j'ai eu la chance de côtoyer puisque nous étions tous les deux rédacteurs en chef adjoints dans l'hebdomadaire des intellectuels qu'était Révolution au moment où parait ce livre. Lui gérait les questions culturelles et moi des societe, du monde du travail.

la revendication polonaise à ses limites "historiques"
le grand duché de Lituanie (XIV e au XVI e ) sauf que dans cet espace là purement féodal , la noblesse parlait français et seul la paysannerie soumise à de grands domaines seigneuriaux parlait polonais, le cas de l'Ukraine est encore plus complexe en ce qui concerne l'ukrainien.

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